La vie derrière les apparences – témoignage d’Angélique

La vie derrière les apparences – témoignage d’Angélique

Quand ma fille a convulsé j’ai tout de suite demandé de l’aide à des copines coach pour gérer le choc et l’angoisse que j’étais en train de vivre. Et l’une d’elle m’a écrit un message commençant comme ceci :

Sarah, Je ne sais  pas comment t’aider toi à vivre cette situation. En revanche, je me permets de te partager mon ressenti en tant qu’enfant. Peut-être que ça te sera utile. 

Et elle m’a partagé son expérience et comment elle avait vécu ses hospitalisations, ses ressentis, ses besoins à ces moment-là.

C’est un des messages qui m’a la plus soutenue durant cette période où ma fille était au plus bas et n’avait quasiment plus aucune réaction. Où je n’arrivais même plus à revoir comment elle était quand elle était « vivante ».

Et je me suis rendue compte que d’avoir des témoignages de parents, de comment ça se passe, comment ils vivent/ont vécu la maladie de leur enfant c’est hyper aidant et inspirant.

Mais savoir comment les enfants vivent le truc, c’est tout autant aidant et inspirant en fait !

Parce qu’on aura beau faire tout ce qu’on veut, jamais on ne pourra vraiment comprendre ce qu’ils vivent, vu que ce n’est pas notre expérience.

Tout comme nos proches peuvent bien être là pour nous, nous soutenir, être angoissés pour notre enfant, jamais ils ne vivront le fait d’être le parent d’un enfant malade (en tout cas je l’espère de tout mon coeur).

Du coup, avoir le témoignage d’une « ancienne enfant malade » c’est hyper inspirant aussi, pour bien accompagner notre enfant.

Moi ça m’a carrément aidée.

Et du coup, j’ai eu envie de faire partager ce témoignage ici, pour vous en faire aussi profiter, si ça peut vous aider à mieux comprendre ce que vit votre enfant.

Alors j’ai demandé à Angélique si elle était d’accord de partager son expérience pour mon blog et elle a dit oui 🥰❤️😍❤️

Voici donc son témoignage 🙂❤️

La vie derrière les apparences – Angélique Cheneau

De quoi avons-nous le plus besoin lorsque nous sommes un enfant atteint d’une maladie ? 

En tant qu’adulte avec une maladie dès ma naissance nécessitant une prise en charge conséquente, je vous partage à cœur ouvert mon ressenti d’enfant.  En espérant que ça puisse vous être utile.

Mes premières hospitalisations dont je me souviens vraiment, j’avais 6 ans.

A cet âge, tu es plein de vie. Tu ne penses qu’à jouer selon l’environnement dans lequel tu grandis. 

Lorsqu’une maladie s’exprime, tu es directement connecté à tes sensations corporelles. Donc à tes maux physiques provoqués par la maladie (sauf si celle-ci est sournoise et ne fait pas de bruit) ou par les effets secondaires des médicaments, voir même les deux. Ça te fatigue à fond. Tes besoins sont très primaires.

Tu ne peux plus jouer, tes contacts sociaux sont réduits. Tes sens sont donc en alerte maximum, à la quête de tout ce qui entretient ton envie de vivre. Par conséquent, tu captes à fond l’énergie des gens qui viennent à ton lit avant même qu’ils ne disent quoi que ce soit, à travers tes sens aux aguets. 

Enfant, t’as peur physiquement de mourir car tu ne comprends pas les maux de ton corps. J’ai posé la question à mon père : vais-je mourir ? On a peur de mourir mais on n’a nullement l’envie de mourir. Mon père aussi avait évidemment peur.

Il a pris sur lui. D’un ton naturel, confiant il m’a dit « ça va aller, ça va passer. L’hôpital va trouver une solution. Je sais que tu as très mal ». Il m’a fait mordre son mouchoir entre les dents tellement je souffrais de douleurs dans cette épisode là. Il m’a porté dans ses bras réconfortants pour me ramener à l’hôpital. Son intention était claire, malgré la peur, il a choisi l’amour de la vie.

Ce qui compte, ce ne sont pas les faits réels observés de la situation. Sincèrement, personne ne connaît l’issue. Le corps est fascinant en tout point. La vie regorge de surprises. 

Seule une présence chaleureuse, tactile avec une énergie d’amour qui dit : « j’ai pleinement confiance en toi. Je sais que tu feras de ton mieux. Je serai à tes côtés pour te soutenir. » C’est uniquement cette intention-là qui nous donne des ailes pour surmonter tous nos maux. C’est la qualité de votre intention, qu’il perçoit depuis votre regard et votre contact tactile sur lui lors de votre présence. C’est tout. Rien de plus.

Laissez-lui la liberté de développer ses ressources en le soutenant uniquement via votre chaleureux amour et votre disponibilité, selon ce qu’il vous est possible de faire selon votre état du moment. C’est là qu’il puisera sa force.

L’enfant a tout en lui depuis le moment où vous l’avez conçu. Vous ne pouvez rien faire de plus face aux maux qu’il vit ou vivra. Vous n’avez pas la main sur la vie, la mort mais uniquement sur la qualité de votre présence.

Ne vous arrêtez pas aux apparences. L’étincelle de vie est bien présente et ils ont l’espoir de toute une vie devant eux. 

Vivre au jour le jour, dédramatiser la situation, et rire surtout ! Le rire fait tellement de bien. Un enfant même malade est plein de vie. 

Un enfant fera toujours de son mieux pour vivre avant tout. Lorsque la fatigue diminue, le sourire et les rires sont immédiatement présents. Ca sera peut-être le premier à rire au travers de son imagination sur des anecdotes qu’il vit dans sa situation via les soins qui lui sont administrés. (il ne s’agit pas de rire de ces maux qui sont réels mais plutôt d’un contexte, d’un soin ou autre). 

L’important, c’est l’intention posée dans les actes : chaleur humaine et amour à fond les ballons. Il va apprendre à gérer le reste puisqu’il est le seul au contact de ses sensations.

Petite, c’était terrible pour moi, d’être au contact des adultes qui arrivaient avec une énergie de peine ou de désarroi genre « pauvre tiote », sous entendu, t’as pas de chance ou « ma pauvre, nenette, que t’es courageuse ». Tu sens comme une chape de plomb qui s’abat énergétiquement sur toi comme si en plus de te démener pour comprendre le langage de ton corps qui fait mal, on n’a pas confiance en toi pour que tu développes tes propres moyens ou ressources pour vivre parce que dans leur regard à cet instant on est un petit, on n’est qu’un enfant. 

C’est un être vivant toujours doté d’un potentiel en croissance.

« Petit mais costaud ».

Ne vous arrêtez surtout pas à ce que vous voyez (les maux, les douleurs, l’aspect physique etc.) En dessous, c’est de la vie à plein poumon et de la joie !

Entretenez l’espoir, puisque personne ne connaît et ne détient l’issue. Saisissez le moindre petit plaisir au jour le jour et prenez bien soin de vous une fois que vous quittez sa chambre.

« Petit mais costaud ».

Pour finir, je (Sarah) vous mets la vidéo qu’elle m’a envoyée pour appuyer cette citation – parce que c’est marrant 😉😁🤪

YouTube

En chargeant cette vidéo, vous acceptez la politique de confidentialité de YouTube.
En savoir plus

Charger la vidéo

Et dis moi en commentaire : comment ce témoignage résonne pour toi ? Est-ce que ça change quelque chose dans ta relation avec ton enfant ?

Spread the love

Sarah Gascoin

No Comment

Laisser un commentaire

Abonne-toi :)

Si tu veux être averti directement dès que je publie un nouvel article, laisse moi ton adresse mail juste en dessous ;)

Les derniers articles